La plupart des Canadiens commencent à toucher leur rente du Régime de pensions du Canada (RPC) à 65 ans parce que c'est ce que leurs parents ont fait. Le calcul est plus intéressant que ça.
En fait, vous disposez d'une large fenêtre. Le RPC peut commencer n'importe quel mois entre 60 et 70 ans, et le montant mensuel que vous recevez dépend entièrement du mois où vous le demandez. Pour une personne admissible à la prestation maximale, l'écart entre l'âge de début le plus bas et le plus élevé est d'environ 1 176 $ par mois. Chaque mois. À vie. Indexé à l'inflation.
Ce n'est pas un petit montant. Sur une retraite de 25 ans, cette seule décision vaut des centaines de milliers de dollars dans un sens ou dans l'autre, et la plupart des ménages la prennent sur un pressentiment, une conversation au café ou ce qu'un frère ou une sœur a fait il y a trois ans. Très peu de ménages font réellement le calcul.
Alors faisons-le. Voici, en langage clair, un survol des trois âges courants pour commencer le RPC, des situations où chacun l'emporte vraiment, de la coordination entre conjoints que presque personne ne modélise correctement, et de la façon dont Optiml résout le moment de demander le RPC dans le cadre d'une seule optimisation mathématique plutôt que comme une supposition isolée.
Les chiffres, exactement comme Service Canada les fixe
Service Canada utilise deux facteurs d'ajustement simples pour déterminer le montant de votre chèque du RPC selon votre âge de début.
- Pour chaque mois où vous commencez le RPC avant 65 ans, votre prestation est réduite de 0,6 %. Cela représente 7,2 % par année, ou 36 % sur l'ensemble de la fenêtre anticipée de cinq ans.
- Pour chaque mois où vous reportez le RPC après 65 ans, votre prestation augmente de 0,7 %. Cela représente 8,4 % par année, ou 42 % sur l'ensemble de la fenêtre de report de cinq ans.
Appliquez ces facteurs à la prestation de retraite maximale du RPC, et le portrait se précise. Avec des chiffres approximatifs de 2026 pour une personne admissible au maximum :
L'âge du seuil de rentabilité entre un début à 60 ans et un début à 70 ans, sans tenir compte des effets fiscaux et en supposant des rendements de marché moyens sur les premiers versements, se situe vers 81 ans. Si vous vivez au-delà de 81 ans, reporter l'emporte sur une base purement monétaire. Sinon, commencer plus tôt l'emporte.
Deux remarques avant d'aller plus loin. D'abord, très peu de Canadiens sont réellement admissibles à la prestation maximale absolue; le montant moyen de la rente du RPC au début est plus près de 830 $ par mois à 65 ans. Les pourcentages de 0,6 % et de 0,7 % s'appliquent tout de même à votre prestation personnelle, quelle qu'elle soit. Ensuite, le RPC est entièrement indexé à l'indice des prix à la consommation, de sorte que la hausse de 8,4 % par année obtenue en reportant s'ajoute à la protection contre l'inflation. Aucun autre rendement garanti et ajusté à l'inflation équivalent n'existe ailleurs dans le paysage de la retraite au Canada.
Donc 8,4 % par année, en termes réels, à vie, indexé. Gardez ce chiffre en tête pendant que nous passons en revue les trois cas.
Quand 60 ans l'emporte vraiment
Commencer le RPC à 60 ans est le bon choix pour une part réelle, mais petite, des Canadiens. La décision est mathématique, pas émotionnelle.
Une espérance de vie plus courte. Si vous avez une maladie chronique qui a un effet important sur votre espérance de vie, ou de forts antécédents familiaux qui laissent présager un horizon plus court, le calcul du seuil de rentabilité penche nettement en faveur d'un début hâtif. Si votre horizon de planification réaliste s'arrête autour de 75 ans plutôt qu'au-delà de 90 ans, 60 ans est souvent le choix qui procure le revenu à vie le plus élevé.
Des besoins de liquidités immédiats. Si vous traînez une dette à taux d'intérêt élevé, faites face à une dépense urgente ou avez simplement besoin de ce revenu pour faire fonctionner votre ménage aujourd'hui, la valeur future d'un chèque du RPC reporté n'a pas d'importance. L'argent d'aujourd'hui l'emporte sur un chèque plus gros dans dix ans si c'est aujourd'hui que les factures arrivent.
Une retraite anticipée sans revenu de transition. Si vous cessez de travailler à 60 ans et que vous avez très peu d'actifs non enregistrés, dans un compte d'épargne libre d'impôt (CELI) ou dans un régime enregistré d'épargne-retraite (REER) où puiser, le RPC à 60 ans pourrait être la seule source de revenu réaliste pour faire le pont jusqu'à 65 ans, quand la Sécurité de la vieillesse (SV) commence. Dans cette situation, reporter le RPC est un luxe que vous ne pouvez pas vous offrir.
Une forte préférence pour un revenu garanti maintenant. Certains ménages accordent simplement plus de valeur à une certitude aujourd'hui qu'à un flux plus important, mais incertain, dans dix ans. C'est une préférence légitime, pas une erreur, et elle peut faire pencher le calcul à la marge.
Pour être honnête : il s'agit d'une minorité de Canadiens. Mais pour les ménages où l'un de ces facteurs est réellement présent, 60 ans n'est pas une erreur. C'est la bonne réponse pour leur situation précise.
Quand 65 ans est le bon choix
65 ans est l'âge de début du RPC le plus courant au Canada, et « courant » est un euphémisme. Environ un Canadien sur trois commence son RPC à exactement 65 ans, plus qu'à tout autre âge. La raison est habituellement l'inertie : 65 ans est l'âge de la retraite classique, la SV devient accessible à 65 ans, et cela semble être le moment naturel.
Pour certains ménages, c'est un choix tout à fait défendable.
Si votre espérance de vie est à peu près dans la moyenne, que vos autres revenus de retraite sont modestes (pas de retraits importants d'un fonds enregistré de revenu de retraite, ou FERR, pas de régime de retraite à prestations déterminées en plus) et que vous préférez ne pas vivre d'un revenu de transition en attendant qu'un chèque du RPC reporté commence, 65 ans coupe la poire en deux. Vous obtenez une prestation 56 % plus élevée que le montant à 60 ans, vous faites commencer le RPC et la SV le même mois, et vous évitez la chorégraphie de liquidités qu'exige un report.
C'est aussi la réponse la plus simple. La simplicité a une vraie valeur, surtout pour les ménages qui ne veulent pas gérer activement des retraits dans plusieurs comptes.
Cela dit : lorsqu'un ménage effectue l'optimisation complète de toutes les variables, 65 ans est rarement la meilleure réponse sur le plan mathématique. C'est habituellement un deuxième choix défendable. Si votre situation vous laisse la moindre marge pour reporter, c'est dans la section suivante que se trouvent les gros chiffres.
Quand 70 ans l'emporte (pour la plupart des Canadiens)
Pour les ménages capables d'assurer un revenu de transition de 65 à 70 ans, reporter le RPC à 70 ans est le plus souvent l'option la plus solide sur le plan mathématique. Cinq raisons.
1. La hausse de 8,4 % par année bat les rendements du marché, compte tenu du risque. Reporter le RPC de 65 à 70 ans augmente votre prestation de 42 % en termes réels, indexée à l'inflation, pour le reste de votre vie. Aucun autre actif de retraite canadien n'offre un rendement réel annuel garanti de 8,4 %. Un portefeuille équilibré vise 4 à 5 % en termes réels sur de longues périodes. En pur rendement, reporter le RPC est la meilleure offre de Service Canada.
2. Une protection contre le risque de longévité. Le plus grand risque financier à la retraite, c'est de survivre à son argent. Les Canadiennes de 65 ans aujourd'hui ont environ 50 % de chances de vivre au-delà de 89 ans; les hommes, au-delà de 86 ans. Le RPC est le seul revenu viager indexé à l'inflation auquel la plupart des Canadiens ont accès. Le reporter concentre une plus grande part de votre revenu de retraite dans ce flux protégé à vie et contre l'inflation, soit exactement la partie de votre plan que vous voulez plus grande si vous vivez longtemps.
3. La dynamique de la récupération de la SV. La SV commence à être récupérée lorsque votre revenu net individuel dépasse environ 93 500 $ (seuil de 2026), à raison de 15 cents par dollar supplémentaire. Si vous avez un REER ou un FERR important et que vous êtes obligé d'y puiser à la fin de la soixantaine pendant que le RPC est aussi versé, vous pouvez vous retrouver dans la zone de récupération. Reporter le RPC à 70 ans vous permet de retirer davantage de votre REER ou FERR à la fin de la soixantaine (ce qu'on appelle souvent la fonte du REER) à un revenu combiné plus bas, de réduire le solde enregistré, puis d'ajouter le chèque du RPC plus élevé une fois le FERR plus petit. L'exposition à la récupération pendant les années où le FERR est élevé diminue sensiblement.
4. Les effets du fractionnement du revenu entre conjoints. Le RPC lui-même ne peut être partagé qu'en partie (par le partage de la pension du RPC), mais le revenu d'un FERR se fractionne facilement avec un conjoint à partir de 65 ans au moyen du formulaire T1032. L'interaction compte : décaisser vos REER à la fin de la soixantaine tout en reportant le RPC vous donne un revenu souple et fractionnable à optimiser en fonction de la tranche d'imposition de votre conjoint. C'est un schéma plus serré et moins imposé que l'approche par défaut, brute, du « RPC à 65 ans plus les retraits obligatoires du FERR à 71 ans ».
5. Les chiffres dans un scénario canadien réel. Prenons une personne de 60 ans qui prend sa retraite aujourd'hui avec un REER de 750 000 $, un CELI de 150 000 $, aucun régime de retraite à prestations déterminées, et l'objectif d'un revenu à vie confortable tout en laissant une succession importante. Lorsque ce ménage effectue l'optimisation complète, la recommandation est toujours de puiser abondamment dans le REER entre 60 et 70 ans, de laisser le CELI en grande partie intact et de commencer le RPC à 70 ans. La modélisation montre que ce schéma permet d'économiser, à titre indicatif, 187 000 $ d'impôt à vie par rapport à l'approche par défaut « RPC à 65 ans et retraits réguliers du REER ». Ce n'est pas une différence marginale. C'est le coût de ne pas faire le calcul.
La coordination entre conjoints : l'élément que presque tout le monde rate
Presque tous les articles sur le RPC en ligne traitent la question comme une décision individuelle. Pour les ménages à deux rentes, ce n'est pas le bon cadre.
Le moment où chaque conjoint commence son RPC est techniquement indépendant. Vous et votre partenaire choisissez chacun votre âge de début, et Service Canada calcule chaque prestation selon l'historique de cotisations et le mois de début de chaque personne. Mais l'effet financier de ces deux décisions est profondément lié, et elles devraient être résolues ensemble.
Le fractionnement du revenu après 65 ans. Le revenu de pension admissible (qui comprend les retraits d'un FERR après 65 ans) peut être fractionné jusqu'à 50/50 entre conjoints au moyen du formulaire T1032. Ainsi, la valeur du report du RPC pour un conjoint dépend en partie du schéma de retraits du FERR ou du REER de l'autre conjoint. Si un conjoint a un REER beaucoup plus important, reporter le RPC de ce conjoint et décaisser fortement son REER pendant les années de transition est souvent le schéma le plus efficace.
La prestation de survivant. Lorsque le conjoint qui a le RPC le plus élevé est le premier à quitter le ménage, le conjoint survivant peut recevoir une prestation de survivant du RPC, plafonnée et ajustée selon son propre droit au RPC. Le calcul n'est pas simple, mais le principe général est le suivant : lorsque le conjoint qui a le RPC le plus élevé reporte à 70 ans, le calcul de la prestation de survivant est généralement plus favorable pour le conjoint survivant. Si le risque de longévité se concentre d'un côté du ménage (souvent la conjointe, selon les statistiques), reporter le RPC de la personne qui gagne le plus est une protection.
Pourquoi nous modélisons les deux en même temps. Optiml traite les plans des deux conjoints simultanément plutôt que l'un après l'autre. L'âge de début du RPC du conjoint A et du conjoint B, le rythme de retrait du REER de chacun, l'âge de début de la SV de chacun et le pourcentage de fractionnement du revenu chaque année sont tous résolus ensemble en fonction de l'objectif déclaré du ménage. Les résoudre un à la fois, dans n'importe quel ordre, laisse de l'argent sur la table.
L'angle de l'optimisation
La plupart des calculatrices de retraite et des outils de planification financière traitent l'âge de début du RPC comme une donnée saisie par l'utilisateur. Vous choisissez 60, 65 ou 70 ans dans un menu déroulant, et l'outil fait ses projections à partir de ce choix. Peu importe ce que vous avez saisi, c'est ce qui est modélisé.
C'est prendre le problème à l'envers.
La bonne question n'est pas « à quoi ressemble ma retraite si je prends le RPC à 65 ans? ». La bonne question est « quelle combinaison d'âge de début du RPC, d'âge de début de la SV, de séquence de retraits du REER et du FERR, de moment des retraits du CELI, de retraits non enregistrés et de fractionnement du revenu entre conjoints produit le meilleur résultat après impôt pour mon ménage, compte tenu de mon objectif réel? ».
C'est un problème de recherche. Il existe environ 121 mois de début possibles pour le RPC entre 60 et 70 ans, multipliés par la même plage pour la SV, multipliés par toutes les séquences de retraits possibles entre trois ou quatre types de comptes, multipliés par tous les ratios de fractionnement du revenu possibles pour chaque année, multipliés par les deux conjoints. Le nombre de plans possibles se compte en millions. Aucun humain ne trouve le meilleur par intuition. Aucune calculatrice simple n'explore tout cela.
Le moteur d'optimisation mathématique d'Optiml, lui, le fait. L'Optimiseur RPC et SV (une fonctionnalité offerte dans les forfaits Pro+ et Legacy) explore les âges de début du RPC de 60 à 70 ans, mois par mois, conjointement avec toutes les autres variables de décision de votre plan, et retourne la combinaison qui répond le mieux à votre objectif déclaré. Maximiser le revenu après impôt à vie. Maximiser la succession. Lisser les dépenses liées à votre mode de vie. Minimiser l'impôt à vie. L'âge de début du RPC est résolu comme une partie de la réponse, et non choisi avant même de poser la question.
Selon les analyses comparatives internes d'Optiml portant sur des milliers de Canadiens, le plan optimisé procure habituellement, à titre indicatif, une amélioration de 3 à 15 % de la succession après impôt pour le même mode de vie par rapport à un plan raisonnable fait soi-même. Sur une succession après impôt de 1 000 000 $, cela représente environ 100 000 $ transmis à la famille ou à des œuvres de bienfaisance plutôt que versés en impôt. Le moment de demander le RPC est l'un des leviers les plus importants de ce gain, mais il ne donne son plein effet que lorsqu'il est résolu en même temps que tout le reste.
Conçu par une équipe de trois personnes (Zac, Max et Alex), avec plus de 140 000 plans créés à ce jour par les Canadiens qui utilisent la plateforme, c'est la partie de la planification de la retraite où les mathématiques font vraiment le travail.
En conclusion : le bon âge pour demander votre RPC
Le bon âge pour commencer le RPC dépend de votre ménage. Vos actifs dans vos comptes enregistrés et non enregistrés. Votre évaluation honnête de votre espérance de vie. Vos autres sources de revenus. La situation de votre conjoint. Votre tolérance à la chorégraphie de liquidités pendant une période de transition. Vos objectifs pour la succession que vous laisserez.
Pour la plupart des Canadiens qui ont la marge nécessaire pour reporter, 70 ans est la réponse la plus solide sur le plan mathématique. Pour certains, 60 ans est vraiment le bon choix. 65 ans est rarement optimal, mais rarement catastrophique. Le but de cet article n'est pas de vous convaincre de choisir l'un ou l'autre. C'est de vous assurer de faire le calcul avant de choisir.
Si vous voulez une réponse indicative rapide en cinq minutes, Optiml Lite est gratuit et vous donnera un premier aperçu. Si vous voulez l'optimisation mathématique complète du RPC, de la SV et de toutes les autres variables de décision de votre plan, chaque forfait payant comprend un essai gratuit de 14 jours. Commencez sur app.optiml.ca, ou apprenez-en plus sur l'optimiseur dédié sur notre page de l'Optimiseur RPC et SV. Pour une meilleure retraite.
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