Tous les deux ou trois ans, Statistique Canada publie une série de chiffres qui se transforment en une centaine de manchettes, et les Canadiens les lisent chaque fois de la même façon. Comme un tableau de pointage. Suis-je en avance? Suis-je en retard?
Ce n'est pas la bonne question.
Un repère n'est pas un plan. Vous pouvez être pile sur la valeur nette médiane de votre tranche d'âge et quand même manquer d'argent à 84 ans. Vous pouvez être bien en dessous et être tout à fait à l'aise pendant quarante ans. Ce n'est pas le solde qui décide du résultat. Ce sont vos dépenses, le moment où vous commencez vos prestations et l'impôt que vous payez pour sortir l'argent de vos comptes : voilà ce qui décide.
Cela dit, les chiffres sont vraiment utiles pour mettre les choses en contexte, et la plupart de ceux qui circulent en ligne sont périmés ou sans source. Voici donc tous les repères canadiens à jour qui valent la peine d'être connus, chacun avec sa source et son année de référence, suivis de ce qu'ils vous disent vraiment sur votre propre plan.
Valeur nette médiane selon l'âge au Canada
La source de référence est l'Enquête sur la sécurité financière de Statistique Canada, année de référence 2023, publiée le 29 octobre 2024. Cette enquête a lieu environ tous les trois ans, alors 2023 est le cycle en cours et ces chiffres ne seront pas mis à jour avant 2027 environ. La valeur nette correspond ici à l'actif total, y compris les biens immobiliers et l'actif des régimes de retraite, moins la dette totale, regroupée selon l'âge du principal soutien économique de la famille.
Pour l'ensemble des familles canadiennes, la valeur nette médiane globale est de 519 700 $ (Statistique Canada, Enquête sur la sécurité financière, 2023).
Pourquoi la médiane et pas la moyenne
Statistique Canada publie la médiane par tranche d'âge plutôt que la moyenne, et ce choix compte. La médiane est le point milieu : la moitié des familles se situent au-dessus, l'autre moitié en dessous. La moyenne est tirée vers le haut par un petit nombre de soldes très élevés, ce qui en fait une moins bonne description d'un ménage typique.
Mais l'argument le plus fort en faveur de la médiane, c'est ce qui se passe à l'intérieur d'une même tranche d'âge. Parmi les familles de 55 à 64 ans, Statistique Canada ventile la valeur nette selon que la famille possède ou non une résidence principale et un régime de retraite d'employeur :
Source : Statistique Canada, Enquête sur la sécurité financière, année de référence 2023.
C'est un écart de plus de cent fois, à l'intérieur d'une même tranche d'âge de dix ans, entre des gens qui sont tous à peu près à la même distance de la retraite. Chacun de ces quatre groupes lit le même chiffre dans les manchettes et en tire une conclusion complètement différente.
Ça montre aussi à quel point une valeur nette en dit peu sur le revenu. Le ménage à 1 400 000 $ détient l'essentiel de cette valeur dans une maison où il vit encore et dans un régime de retraite qu'il ne peut pas liquider. Le ménage à 359 000 $ qui n'a qu'un régime de retraite pourrait très bien avoir des rentrées mensuelles plus fiables. La valeur nette et le revenu de retraite sont deux questions différentes.
Pourquoi le chiffre des 65 ans et plus est plus bas
La valeur nette médiane atteint un sommet dans la tranche des 55 à 64 ans, à 873 400 $, puis descend à 738 900 $ une fois que le principal soutien économique a 65 ans ou plus. Ce n'est pas une erreur dans les données.
C'est le décaissement. Les retraités transforment l'épargne accumulée en dépenses, et c'est exactement à ça que cette épargne devait servir. La tranche des 65 ans et plus compte aussi une plus grande proportion de ménages d'une seule personne, et le bilan d'une personne seule est plus bas que celui de deux personnes, ce qui tire encore la médiane familiale vers le bas.
La question utile n'est pas de savoir si votre chiffre est au-dessus ou en dessous de la tranche. C'est à quelle vitesse ce chiffre devrait baisser, et de quel compte proviennent les dépenses de chaque année. C'est la question de l'ordre de décaissement à laquelle chaque plan Optiml répond année par année, parce que l'ordre dans lequel vous puisez dans le REER, le CELI, les comptes non enregistrés et le revenu de pension change votre facture d'impôt à vie sans rien changer à votre mode de vie.
Quel est le revenu de retraite moyen au Canada?
Ce chiffre provient de l'Enquête canadienne sur le revenu de Statistique Canada, année de référence 2023, et les principaux chiffres varient fortement selon le type de ménage :
- Familles âgées (deux personnes ou plus, dont au moins une a 65 ans ou plus) : revenu médian après impôt de 79 700 $, en hausse de 3,4 % par rapport à 2022
- Personnes âgées hors famille (qui vivent seules) : revenu médian après impôt de 36 400 $, en hausse de 4,3 % par rapport à 2022
La provenance de cet argent est tout aussi révélatrice :
- Familles âgées : revenu du marché médian de 52 100 $ et transferts gouvernementaux médians de 36 200 $
- Personnes âgées hors famille : revenu du marché médian de 16 500 $ et transferts gouvernementaux médians de 22 900 $
Pour une personne âgée qui vit seule, les transferts gouvernementaux représentent la plus grande part du revenu total. Pour les familles âgées, le revenu du marché arrive en tête, mais les transferts portent quand même environ le tiers de la charge. Le RPC (Régime de pensions du Canada) et la SV (Sécurité de la vieillesse) ne sont pas un détail dans la retraite canadienne typique. Ils sont structurels.
Par province, la même enquête place l'Alberta en tête à 88 500 $ et l'Ontario à 78 600 $, avec la Nouvelle-Écosse à 62 900 $ et le Nouveau-Brunswick à 62 700 $ au bas du classement. Un écart de 25 800 $ entre la province la plus élevée et la plus basse est bien réel, mais il reflète aussi en partie un écart de coût de la vie plutôt qu'un écart de mode de vie.
Le chiffre qui mérite le plus d'attention est celui que les gens sautent : la structure du ménage fait varier le revenu de retraite plus que presque tout le reste sur cette page. Le revenu médian après impôt d'une famille âgée est plus du double de celui d'une personne âgée hors famille. Si votre plan suppose deux revenus pendant tout son horizon, ça vaut la peine de modéliser la version où ce n'est pas le cas.
L'âge moyen de la retraite au Canada est de 65,4 ans
Selon l'Enquête sur la population active de Statistique Canada, tableau 14-10-0060-01, année de référence 2025 :
- Ensemble des travailleurs : 65,4 ans, un sommet record
- Hommes : 66,2 ans. Femmes : 64,5 ans
- Secteur public : 62,6 ans
- Secteur privé : 66,0 ans
- Travailleurs autonomes : 68,4 ans
- Il y a vingt ans, la moyenne était de 61,6 ans : elle a donc augmenté de près de quatre ans en deux décennies
L'écart de 5,8 ans entre les travailleurs du secteur public et les travailleurs autonomes est la donnée qui mérite réflexion. Les deux groupes sont formés de gens compétents qui aiment leur travail et qui veulent arrêter un jour. Ce qui les distingue, c'est surtout ce qu'il y a en dessous : un régime de retraite à prestations déterminées qui commence à verser à une date fixe, d'un côté, et de l'autre, un bilan que vous devez transformer vous-même en revenu.
L'âge de la retraite n'est pas une donnée démographique dont vous héritez. C'est un résultat de votre plan. Avancez votre date de retraite de 65 à 62 ans et vous ajoutez trois années de dépenses, retirez trois années de cotisations et décalez chaque décision sur les prestations qui en découle. Reportez-la à 68 ans et le calcul s'inverse. Comparer ces versions côte à côte, avec vos vrais chiffres, est un exercice très différent de lire que la moyenne est de 65,4 ans.
L'âge moyen d'un premier acheteur au Canada est d'environ 36 ans
Selon l'Enquête de 2025 de la SCHL auprès des consommateurs ayant récemment contracté un prêt hypothécaire, qui porte sur les prêts hypothécaires consentis entre juin 2023 et janvier 2025 :
- Âge moyen d'un premier acheteur à l'échelle nationale : environ 36 ans
- 47 % des premiers acheteurs ont entre 25 et 34 ans, et la proportion de plus de 35 ans augmente d'une année à l'autre
- Revenu médian des ménages qui achètent pour la première fois : environ 105 000 $, contre une fourchette de 60 000 $ à 90 000 $ cinq ans plus tôt
- 65 % ont payé le maximum qu'ils pouvaient se permettre
Une mise en garde honnête sur le prix. La SCHL ne publie pas de prix d'achat propre aux premiers acheteurs. À titre de comparaison, l'ACI (Association canadienne de l'immeuble) fait état d'un prix moyen national des maisons de 668 219 $ en août 2026 (non désaisonnalisé, en hausse de 0,6 % sur un an), mais ce chiffre couvre tous les acheteurs, pas seulement les premiers acheteurs. Traiter les deux comme une même cohorte surestimerait ce qu'un premier acheteur paie habituellement.
Voici pourquoi ce sujet a sa place sur une page consacrée à la retraite. Achetez votre première maison à 36 ans avec un amortissement de 25 ans et l'hypothèque court jusqu'à 61 ans. C'est quatre ans avant l'âge moyen de la retraite de 65,4 ans, à condition de ne jamais déménager, de ne jamais refinancer et de ne jamais prolonger. La plupart des gens font au moins une de ces trois choses.
Pour une grande partie des Canadiens, la dernière décennie de paiements hypothécaires et la première décennie d'épargne-retraite sérieuse se déroulent donc en même temps, dans le même budget. C'est un problème d'ordre et de calendrier, et il a une solution, mais seulement si les deux se trouvent dans le même modèle.
Ce que les Canadiens touchent réellement du RPC et de la SV
C'est ici que les repères font le plus de dégâts, parce que le chiffre que les gens citent est le maximum et que le chiffre que les gens reçoivent ne l'est pas.
- Pension de retraite maximale du RPC à 65 ans : 1 507,65 $ par mois (janvier 2026)
- RPC moyen versé aux nouveaux bénéficiaires à 65 ans : 877,01 $ par mois (avril 2026)
La moyenne représente 58 % du maximum. Cet écart est le chiffre le plus important de cette page.
La raison est mécanique, pas mystérieuse. Le maximum suppose que vous avez cotisé au maximum annuel pendant la majeure partie de votre vie active. Les années de revenus plus faibles, le temps passé hors du marché du travail, les années de travail à l'étranger et les années de travail autonome modifient tous votre historique de cotisations. La plupart des Canadiens ont au moins une de ces situations, et c'est pourquoi la plupart des Canadiens se retrouvent bien en dessous du maximum.
Si votre plan a été bâti sur 1 507,65 $ par mois et que votre droit réel est plus proche de 877,01 $, c'est environ 7 500 $ par année de revenu que le plan supposait et que vous ne recevrez pas. Sur une retraite de trente ans, avec l'indexation, ce manque à gagner s'accumule jusqu'à donner un plan vraiment différent.
Du côté de la SV :
- SV maximale, 65 à 74 ans : 751,97 $ par mois (trimestre de juillet à septembre 2026)
- SV maximale, 75 ans et plus : 827,17 $ par mois (même trimestre)
- Seuil de l'impôt de récupération de la SV : 95 323 $ pour l'année de revenu 2026
Il n'existe pas de « SV moyenne reçue » publiée, et il serait trompeur d'en inventer une pour faire écho au chiffre du RPC. La SV ne fonctionne pas comme le RPC. Elle est fondée sur la résidence plutôt que sur les cotisations, de sorte que la plupart des gens qui comptent au moins 40 ans de résidence au Canada après l'âge de 18 ans reçoivent le montant complet. Moins de 40 ans vous donne droit à une part calculée au prorata.
L'autre facteur qui influe sur votre SV, c'est le revenu. Le revenu net au-delà du seuil de l'impôt de récupération réduit la prestation à raison de 15 % de chaque dollar excédentaire, et le calcul se fait sur le revenu de l'année précédente. C'est donc autant une question de moment qu'une question de revenu, et c'est exactement le genre de chose que l'Optimiseur RPC et SV d'Optiml modélise : l'âge de début de vos prestations et le montant de vos retraits sont déterminés ensemble, parce que changer l'un change l'autre.
Les chiffres en un coup d'œil
Ce sont des repères à l'échelle des ménages et des prestations. Si vous voulez plutôt des repères à l'échelle des comptes, nous tenons à jour un portrait distinct des soldes moyens de REER et de CELI selon l'âge.
En résumé
Les repères sont bons pour une seule chose : le contexte. Ils vous disent à peu près où se situe une cohorte à un moment donné. Ils valent la peine d'être connus, et ils valent la peine d'être bien sourcés, c'est pourquoi chaque chiffre ci-dessus indique son année.
Mais revenez à cette tranche des 55 à 64 ans. Même âge, même pays, même décennie de décisions devant soi, et un écart allant de 11 900 $ à 1 400 000 $. Aucun chiffre unique n'allait jamais décrire tout ce monde, et aucun chiffre unique ne vous décrit.
Ce qui détermine réellement si votre argent va durer, c'est une suite de décisions que les moyennes ne voient pas : l'année où vous arrêtez de travailler, ce que vous dépensez pendant les années actives par rapport aux années plus tranquilles, quel compte finance chaque année, quand le RPC commence, quand la SV commence, et à quoi ressemble votre facture d'impôt chacune de ces années. Changez une seule de ces décisions et la réponse bouge.
Plus de 200 000 plans de retraite ont été produits avec Optiml. Chacun d'eux est un horizon de retraite complet modélisé année par année : chaque retrait, chaque âge de début des prestations, chaque facture d'impôt, jusqu'à la fin du plan. C'est à ce niveau que se trouve une vraie réponse, et c'est un exercice très différent de se comparer à une médiane.
Alors servez-vous des repères pour ce à quoi ils sont bons. Puis allez bâtir ce qu'ils ne peuvent pas vous donner.
Le Canadien moyen est une statistique. Vous, vous êtes un plan.
Envie d'optimiser votre plan de retraite?
Joignez-vous à des milliers de Canadiens qui prennent des décisions financières plus éclairées avec Optiml.
Commencer l'essai gratuit

